الصفحة الرئيسية  أخبار وطنية

أخبار وطنية Suite à l'agression subie par sa fille: Docteur Lilia Bouguira exprime san désarroi et lance cet appel

نشر في  26 جوان 2019  (11:51)

Docteur Lilia Bouguira, a adressé une lettre de détresse au premier minitre Youssef Chahed et au ministre de la santé Sonia Ben Cheikh, et au conseil de l'ordre des médecins dans laquelle elle dit son désarroi suite à l'agression subie par sa fille, résidente en psychiatrie qui vient d'être violemment tabassée aux urgences par un patient.

Docteur Lilia Bouguira raconte ce qui suit: 

"Je n'ai plus de larmes pour pleurer mon pays.

Ma fille résidente en psychiatrie vient d'être violemment tabassée aux urgences. Un patient a sauté sur elle en la voyant en hurlant "Allahou akbar." Il n'a pas arrêté de la frapper ni de hurler le nom de Dieu. Délirant ou pas, ma fille aurait pu y passer si un infirmier n'a pas été là pour le maîtriser.

Un film d'horreur digne d'un pays qui a raté sa transition parce que des politiciens ont décidé de ne regarder que leur égo et de se démettre de toute responsabilité moyennant d'accéder au pouvoir et d'y rester.

Aujourd'hui en regardant l'état de nos urgences et de nos hôpitaux,je n'arrête pas de pleurer. Ma fille comme n'importe quel médecin ou personnel soignant aurait pu mourir rien que parce que des incompétents sont au pouvoir.

Nous avons maintes fois tirer la sonnette d'alarme mais rien. J'ai été de toutes les manifestations, toutes les télés, médias pour dénoncer cet état d'insécurité et insalubrité où travaillent nos médecins mais rien. J'ai hurlé ma grogne mais rien. J'ai écrit et dénoncé mais rien. Je me sens impuissante .

Tous les bleus que ma fille portent sur son corps... Toutes les bosses qu'elle se découvrira au matin parce qu'il visait la tête... Toute cette douleur qu'elle a ressenti, je m'en veux d'avoir été loin pour la partager. Tous ses cris qu'elle poussait pendant qu'il la battait sauvagement, je les entends en boucle et je me sens nulle, impuissante , vaincue non pas par ce malade mental plus à plaindre que blâmer mais vaincue par ce système qui nous prend à la gorge, nous tue chaque jour un peu plus.

Je ne voudrai pas par cet écrit enlever un gramme de doléance de mon enfant qui s'est montrée grande et responsable malgré l'attaque. Je voudrai appeler en dernier recours les responsables dans ce pays s'il y en a pour leur dire qu'il est impératif de trouver une solution à cette violence dirigée contre les médecins et le personnel soignant.

Aujourd'hui ma fille, demain à qui le tour? Combien de blessés nous faut-il pour que nos présidents réagissent? Combien de morts nous faut-il sacrifier pour que des mesures soient engagées. Je suis désemparée.

Chahed Youssef Sonia Ben Cheikh سنية بن الشيخ Sahbi Ben Fredj Rym Mahjoub Fatma Mseddi Conseil National de l'Ordre des Médecins de Tunisiedes Organisation Tunisienne Des Jeunes Médecins